lundi 19 janvier 2009
La vie avance
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Depuis quelques semaines je m'étais inscrit sur un site Internet "Copains d'avant".
Une sorte de bouteille lancée à la mer, comme cela, sans me poser trop de questions, sans même en attendre quelque chose de concret.
Depuis mon entrée à l'école primaire vers cinq ou six ans, je ne sais plus, pas moins de cinquante huit ans se sont écoulés. J'en ai maintenant soixante trois bien tassés.
Alors comment pourrais-je imaginer retrouver des copains d'école, de lycée, de travail, d’anciens amis perdus de vue qui auraient marqué mon enfance ou mon adolescence ?
Non, je ne me prêtais pas à ce genre de rêve.
Pourquoi alors avoir lancé cette fameuse bouteille ?
Je me dois d’avouer que je en sais rien moi même, tant mon geste me paraissait futile.
Simple curiosité sans doute, ou les effets du subconscient sur lequel nul ne peut se porter garant ? .
D'ailleurs, pourquoi aurai-je dû rechercher des êtres dont jusqu’à ce jour, je ne soupçonnais même plus l’existence.
Si seulement j’avais lancé un appel pour rechercher un patronyme bien précis. Ce n’était pas le cas.
Il faut dire que la vie s'est écoulée inexorablement, et qu’elle avance à grands pas
Au fil des ans tant de choses se sont effacées de ma mémoire, laissant des pages entières de mon existence s’évanouir dans les limbes de la pensée.
Certes ce n'est pas encore la vieillesse, mais je la sens qui s’approche.
Les réflexes ne sont plus les mêmes, et la mémoire, cette traîtresse, semble trop heureuse de me prendre en défaut.
Aussi, quelle n’a pas été ma surprise, il y a peu, d’apprendre par un message, « Georges Bisson vous connaît ».
Soudain ce nom ressurgissait, enfoui, semblait-il à tout jamais dans la nuit des temps.
Le Lycée professionnel, l’atelier de menuiserie, les baraques en bois, les profs, tout se rapportait à ce patronyme soudain réapparu.
Cette mémoire devenue à mon goût trop sélective, se réveillait soudain me faisant apparaître une frange de mon passé.
Quelques jours plus tard , un autre message « Auguste Letourneur vous connaît » Cette fois ci encore le nom ne m’était pas inconnu.
Depuis lors, nous avons échangé quelques courriers, essayant de part et d’autre de ranimer la flamme du souvenir.
Que d’efforts ai-je du consentir pour essayer de me remémorer les visages ?
Je le disais plus haut, les ans ont accompli leurs ravages, laissant place à la sénescence.
Mais qu’importe, peut-être après tout ne faut-il pas trop demander ?
Des noms apparaissent soudain, des êtres de chair avec lesquels j’ai partagé quelque temps le même destin, et c’est bien cela l’essentiel.
Cette bouteille, jetée à la mer, sans idée précise, sans aucun à priori, et encore moins prétexte à une quelconque espérance, a bien voulu d’elle même regagner la rive, où déjà deux paires de mains l’ont recueillie, et ont décrypté le message, si c’en était un.
Peut-être que finalement, c’est ce que j’ai recherché inconsciemment ?,
Ce soir, c’était une très grande surprise.
Le téléphone a sonné. J’ai décroché, et une voix s’est fait entendre.
Allo, ici c’est Georges. Je ne te dérange pas. Non bien sûr, qu’il ne me dérangeait pas.
Tout d’un coup, je retrouvais une voix que je n’avais pas entendue depuis quarante sept ans.
De l’émotion ? Incontestablement.
Quarante sept ans ont passé. Nous étions de jeunes adolescents, les yeux tournés vers l’avenir, ne rêvant que devenir grands.
Quarante sept ans ont passé. Nous voilà maintenant arrivés à un âge mûr, et nos yeux se tournent désormais vers un passé que nous aimerions tellement moins lointain.
La vie avance
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